La Défense de l'emploi : ambition ou exigence ?
Par Najat, dimanche 19 mars 2006 à 16:25 :: Economie, Emploi :: #15 :: rss
Le récent arrêt rendu par la Cour de cassation ouvrant la porte, sous certaines conditions il est vrai, aux licenciements destinés à prévenir des difficultés économiques à venir sans que celles-ci existent à la date du licenciement est coup porté à la protection du salarié. Elle nous renvoie d’une manière générale à cette désacralisation de l’emploi et à cette sanctification du capital dont le Premier ministre et le gouvernement se sont fait les hérauts, promoteurs qu’ils sont de l’égalité des chances dans l’accès à la précarité, avec le contrat nouvel embauche et aujourd’hui le contrat premier emploi auquel les Français s’opposent avec vigueur. La sauvegarde de la rentabilité du capital et de la compétitivité de l’entreprise ont assurément pris le pas sur la défense de l’emploi.
Aux deux propositions que le premier secrétaire du parti socialiste a formulées à l’occasion de ses vœux, concernant la formation professionnelle et le contrat de reclassement, et auxquelles je souscris sans réserve, je veux formuler une troisième proposition concernant la défense de l’emploi : Il s’agirait d’offrir aux salariés la possiblité de demander, par la voie de leurs représentants, que tout plan de licenciement, pour motifs boursiers, s’accompagne d’une réflexion sur une réduction de la masse salariale se fondant sur le principe des facultés contributives. Cette procédure pourrait concerner les entreprises de plus de 500 salariés.
En d’autres termes, la réduction de la masse salariale devra se faire, après concertation avec les organisations syndicales, au prorata du niveau de rémunération des salariés. C’est l’application dans l’entreprise d’un principe de solidarité : à celui dont le salaire est le plus élevé de le réduire proportionnellement le plus, dans un plafond qui pourrait être établi à 30 % du revenu le plus élevé.
Cette protection de l’emploi et des rémunérations les plus faibles permettrait dans certaines circonstances de préserver des emplois et d’éviter les situations intolérables où des entreprises licencient au moment même où la rémunération du PDG augmente comme cela s’est vu, alors même que celle-ci représente plusieurs centaines de SMIC.
La proposition mérite naturellement d’être travaillée. A cet égard, votre avis m’intéresse. Merci de vos commentaires.
Commentaires
1. Le mardi 28 novembre 2006 à 23:14, par André
2. Le mardi 28 novembre 2006 à 23:15, par Pascal
3. Le mercredi 20 juin 2007 à 07:58, par tWEzrecYTP
4. Le mercredi 20 juin 2007 à 07:58, par xOHVkYkAeXk
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