« Mes chers amis,

Sur le chantier de cette valeur toujours neuve, dans ce combat de chaque jour pour l’égalité, aucun volontaire n’est de trop, aucune entreprise n’est vaine. Pour gagner le pari de l’égalité des chances qui est autant une exigence politique, sociale que morale, nous avons un programme et nous avons un bilan ; nous avons le Pacte présidentiel de Ségolène Royal et le travail remarquable que chacun d’entre vous, réunis ici ce matin, accompli chaque jour pour plus de justice, car chacun sait et peut être plus encore quand on est lyonnais que, comme le disait Edouard Herriot, « l’égalité ne se décrète pas ».

C’est parce que l’action est toujours préférable à l’incantation que Gérard Collomb m’a confié le soin de mettre au cœur de son action municipale l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations. Lyon a été ainsi, entre autres choses, la première collectivité territoriale de France à signer la Charte de la diversité ou à créer une « mission égalité » permanente chargée de promouvoir l’égalité des chances dans la mise en œuvre des politiques publiques locales.

C’est dans cet esprit que j’ai mis en place, en collaboration avec le Conseil régional Rhône-Alpes présidé par jean-Jack Queyranne, dont je suis élue, et plus particulièrement avec Christiane Démontès en charge de la formation professionnelle, une préparation intensive aux concours de la fonction publique à destination des jeunes en difficulté d’insertion des quartiers « politique de la ville ».

Avec le CNFPT, ce sont trois mois de formation intensive rémunérée qui ont ainsi été proposés à plusieurs dizaines de jeunes depuis trois ans. Ils ont pu bénéficier d’un accompagnement individualisé, d’une pédagogie adaptée, d’un soutien de chaque instant. Tous, ont également effectué un stage en collectivité pour les plonger dans le bain, les motiver et surtout les mettre en confiance.

Les premiers résultats sont encourageants au point que l’expérience a fait des petits, dans le Gard notamment grâce au Conseil général et au Conseil régional. Le taux d’admissibilité aux concours externes est d’ores et déjà supérieur à la moyenne nationale, plusieurs de ces jeunes ont eu été reçus aux concours pour lesquels ils ont été préparés, d’autres ont été embauchés dans des collectivités. Mais pour tous, y compris pour ceux qui n’ont pas été reçus car c’est un concours, il a des retombées positives en termes de confiance en soi.

A travers cette préparation aux concours de la fonction publique nous voulons, au premier chef pour notre ville et notre région, une fonction publique aux couleurs de la France. Notre objectif est de mettre tous ces jeunes que leur milieu social ne qualifie pas automatiquement pour l’avenir, sur la même ligne de départ que les autres, en levant deux barrières majeures : la première dans l’accès à l’information, car pour rentrer dans la fonction publique, comme pour faire une grande école, encore faut il être informé que cela existe ; barrière dans l’accès à la formation, ensuite, qui reste socialement discriminante.

Nous améliorons chaque année notre dispositif, mais nous pouvons d’ores et déjà faire deux constats : le premier c’est qu’en servant un critère social, puisque nous avons recruté nos candidats dans des quartiers « politique de la ville », on sert la diversité. Le second, c’est que le concours, dans notre culture républicaine, reste le plus sûr moyen de promouvoir l’égalité des chances dès lors que nous savons mettre en place un système accordant plus de moyens à ceux qui sont le plus dans la difficulté et cela dès l’école, dès la petite enfance, c’est ce que propose Ségolène Royal.

L’égalité des chances ne saurait se réduire à organiser la fuite des cerveaux de nos banlieues en laissant le plus grand nombre dans un ascenseur social définitivement bloqué au sous-sol. L’égalité des chances et la lutte contre les discriminations ne sauraient prendre la forme d’une discrimination positive, non seulement compliquée à mettre en œuvre, mais encore dévoyée en clientélisme électoral. Méfions nous des lectures ethnicistes des problèmes sociaux, soyons en revanche implacables avec ceux qui discriminent en renforçant, comme le propose Ségolène Royal, les moyens de la Halde, éduquons à la tolérance dès l’école en réconciliant notre mémoire et notre histoire et n’oublions pas que la première des discriminations est sociale. Le projet de Ségolène Royal, c’est d’abord un ascenseur social de masse.

L’égalité des chances, c’est la réussite éducative pour tous. En proposant des classes préparatoires aux grandes écoles et pourquoi pas aux concours de la fonction publique dans les quartiers défavorisés, Ségolène Royal dit que l’excellence scolaire a droit de cité partout. »