Qui parle en effet aujourd’hui de la dérive des comptes de l’Assurance maladie ?

Le gouvernement a, en effet, conçu en 2004 un dispositif de gestion de la dépense d’assurance maladie en cours d’année : quand la dépense d’assurance maladie dépasse de 0,75% l’objectif voté par le parlement (soit 1 milliard d’euros), le gouvernement a l’obligation d’adopter des mesures d’économies. Ce seuil d’alerte est aujourd’hui largement dépassé et le gouvernement n’a rien mis en œuvre, le dépassement serait compris entre 1,1 et 1,3 milliard d'euros pour l'ensemble des régimes (CNAM, MSA, RSI).

Qui relève la baisse des impôts en trompe l’œil ?

Alors que le gouvernement a fanfaronné sur la baisse des impôts, il annonçait, il y a quelques semaines, discrètement, que le niveau des prélèvements obligatoires atteignait désormais 44,4% du PIB, ce qui représente un record historique. Les impôts ont augmenté de 0,4 point de PIB en un an et de 1,3 point en deux ans : le cumul de ces hausses représente un prélèvement supplémentaire de près de 40 milliards d’euros en à peine deux ans.
Avec la réduction du nombre de tranches d’impôt sur le revenu, les réductions fiscales ont bénéficié aux seuls hauts revenus. Pour les bas revenus, le candidat UMP propose de travailler plus pour gagner plus, pour les haut revenus de gagner plus en travaillant autant. Curieuse façon de défendre la valeur travail…

Mais laissons là cette polémique sur les chiffres. Ségolène Royal a annoncé qu’il appartiendra, si elle est élue, aux parlementaires de l’opposition et de la majorité de valider les chiffres publics pour qu’ils soient incontestables. Dans ce domaine aussi, la pratique politique devra changer et Ségolène Royal s’y engage.

Aujourd’hui, la réalité est que le taux de chômage s’élèverait à 9,5 %. Quand bien même le chômage aurait il baissé, il demeure à un niveau très élevé et nécessite un engagement fort pour que chacun puisse trouver un emploi. Ségolène Royal a pris l’engagement d’être la présidente du travail pour tous.

Revenons comme nous l’avons fait à propos de l’éducation sur chacune de ses propositions.

=> Un accès à la formation, un emploi aidé ou un tutorat rémunéré pour chaque jeune au chômage depuis six mois et la création de 500.000 emplois tremplins

Le taux de chômage des jeunes est en France plus élevé que dans le reste de l’Union européenne et l’on sait la difficulté de trouver un premier emploi lorsque les entreprises réclament une expérience que les jeunes qui démarrent dans la vie ne peuvent faire valoir. Il y a un risque que les jeunes s’enfoncent dans un chômage de longue durée. Ségolène Royal propose donc qu’aucun jeune ne reste au chômage plus de six mois sans se voir proposer une formation ou un accompagnement vers l’emploi. Il s’agit d’abord de dire que ce n’est pas parce qu’on est sorti du système scolaire qu’on ne peut pas renforcer ses compétences et se réorienter pour que sa qualification soit en adéquation avec les besoins des employeurs. Il s’agit ensuite de mettre le pied à l’étrier de ces jeunes, pour qu’ils acquièrent un savoir et un savoir-faire qu’ils pourront ensuite valoriser grâce à un premier emploi aidé. Les emplois tremplins mis en œuvre par les régions socialistes sont un succès, Ségolène Royal propose d’en créer 500.000.

=> Un contrat première chance

150.000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification chaque année et pour eux la recherche d’un emploi c’est souvent le parcours du combattant. Il faut agir sur l’école pour accroître la réussite scolaire, mais il faut aussi faciliter l’embauche de ces jeunes.
Pour ces jeunes, Ségolène Royal propose un « contrat première chance » qui consiste dans la prise en charge totale de leur salaire par les Régions s’ils sont embauchés dans une « Très petite entreprise » (TPE), c’est à dire de moins de 10 salariés. Les TPE en France représente à ce jour près de 6 millions d’emplois, non délocalisables pour la plupart, ce qui en fait un des premiers employeurs du pays. En faisant ainsi baisser le coût du travail des jeunes non qualifiés pendant un an, Ségolène Royal offre dans une logique gagnant-gagnant, la chance à un jeune d’avoir une première expérience professionnelle qui peut déboucher sur un emploi durable s’il donne satisfaction et pour l’entreprise de se développer et de consolider sa situation avant de procéder à une embauche définitive.



=> Une sécurité sociale professionnelle pour que tout salarié licencié ait immédiatement un contrat comportant une rémunération égale à 90% de son salaire antérieur, une formation qualifiante et une aide personnalisée le conduisant le plus rapidement possible vers un nouvel emploi.

La sécurité sociale professionnelle est une sécurité pour le salarié qui ne s’enfoncera pas dans la précarité en cas de perte de son emploi et pourra retrouver un travail grâce à une formation qualifiante. Il s’agit en permanence d’assurer une adéquation entre l’offre et la demande de travail pour que les qualifications des salariés correspondent aux besoins des entreprises engagées dans la bataille économique. Cette sécurité sociale professionnelle qui sera discutée dans le cadre d’un dialogue social renforcé et rénové permet aussi d’éviter qu’un salarié licencié ne s’enfonce dans un chômage de longue durée dont in sait qu’il est difficile de sortir.

Ségolène Royal veut à la fois assurer aux entreprises des conditions favorables à la croissance et à la compétitivité, par le biais d’aides ciblées, par un investissement massif dans la recherche et l’innovation, ainsi que dans la formation professionnelle et aux salariés une sécurité durable. Elle prévoit notamment de créer des fonds régionaux de participation et de leur réserver une part dans les marchés publics. Aujourd’hui, les PME-PMI assurent l’essentiel des créations d’emploi en France.

=> La modulation des exonérations de cotisations sociale en fonction de la nature des contrats de travail, la suppression du CNE pour faire du CDI la règle. Le coût du travail est un élément important de l’incitation à embaucher, en particulier pour les moins qualifiés. Les exonérations de cotisations sociales sont ainsi un levier efficace de la politique de l’emploi, cela permet d’éviter ce que les économistes appellent des trappes à inactivité. Dans une logique gagnant-gagnant, Ségolène Royal propose de moduler ces exonérations en fonction de la nature du contrat de travail de façon à privilégier les emplois durables sur les emplois précaires et d’éviter un effet d’aubaine. Elle propose également de supprimer le CNE qui a constitué une atteinte grave au droit du travail et dont on sait en outre aujourd’hui qu’il n’a quasiment pas créé d’emplois. Le contrat à durée déterminé doit devenir la règle. Dans le même esprit, Ségolène Royal propose de moduler l’impôt sur les sociétés en favorisant le réinvestissement des bénéfices dans l’entreprise. Cela permet de moderniser l’outil de production, d’améliorer les « process » et d’améliorer la compétitivité des entreprises. Des entreprises compétitives gagnent des marchés et créent de l’emploi. Là aussi, la démarche est vertueuse. § Le conditionnement des aides publiques aux entreprises à l’engagement de ne pas licencier quand l’entreprise dégage des profits substantiels et le remboursement en cas de délocalisation. Il n’est pas supportable de voir des entreprises qui font des profits substantiels procéder à des licenciements ou à des délocalisations pour accroître la rentabilité du capital au détriment de l’emploi ; cela l’est encore moins lorsque ces entreprises ont bénéficiées d’aides publiques, ce qui n’est pas une situation marginale. Ségolène Royal propose de conditionner les aides publiques afin qu’elles bénéficient aux entreprises qui créent des emplois durables. D’une manière générale, Ségolène Royal souhaite revoir et rationaliser la politique des aides publiques aux entreprises qui ne bénéficient que marginalement au PME-PMI qui sont celles qui aujourd’hui se développent et créent le plus d’emplois et de richesses. Elle veut faire la chasse aux gaspillages pour faire des économies et redéployer ces aides là où elles seront les plus efficaces.

=> Un revenu de solidarité active garantissant une amélioration d’un tiers de ses ressources à tout bénéficiaire de minima sociaux retrouvant un travail.

La proposition a été initialement formulée par Martin Hirsch et reprise par Ségolène Royal dans son pacte présidentiel. La proposition part du constat simple que, malgré des réformes multiples ces dernières années, les bénéficiaires de minima sociaux qui reprennent un emploi perdent de l’argent.
Par exemple, une femme seule avec deux enfants doit travailler plus de 37 heures par semaine au SMIC pour retrouver le revenu qu’elle avait avant de travailler et ce, sans compter les coûts liés à cette reprise d’emploi (modes de gardes, habillage, transports…). Cela ne veut pas dire qu’elle ne va pas choisir de travailler, mais cette situation est injuste et souvent destructrice pour les familles.
Le revenu de solidarité active est un système permanent de soutien au bas revenus, qui concerne tous les minima sociaux et s’attaque à la pauvreté au travail Il se substitue aux trois systèmes (le RMI, l’API et l’ASS) pour les mettre en cohérence et permet un cumul entre minima et revenus d’activité.
Le RSA est une incitation à la reprise d’une activité professionnelle, un instrument destiné à prévenir le phénomène des travailleurs pauvres et pourrait permettre de réduire de 300.000 le nombre des ménages pauvres selon une étude de la DGPTE.

=> Un prêt à taux zéro de 10.000 euros à chaque jeune pour l’aider à construire son premier projet de vie.

Démarrer dans la vie, voilà un pari difficile quand on est jeune et qu’on a pas un euro devant soit pour donner corps et vie à ses projets. Ségolène Royal propose de donner à chaque jeune la possibilité de construire son premier projet car elle sait l’esprit d’initiative et le dynamisme des jeunes. Beaucoup d’aventures entreprenariales ont démarré comme ça grâce à un petit crédit, comme par exemple des marques de vêtements nées dans les quartiers. Cette forme adaptée (taux zéro) de « micro-crédit » permettra aux jeunes qui ont un projet de créer leur propre emploi et de se développer. Le prix Nobel de la paix a été attribué en 2006 à Mohammad Yunus, fondateur et président de la Grameen Bank qui fait du micro-crédit en Inde et qui a apporté le témoignage des extraordinaires réussites nées de la chance qu’il a accordé un jour à ceux qui avaient un projet. Il nous apprend aussi que les taux de remboursement de ces crédits avoisinent 95%.