Les personnes qui s’occupent de ces enfants, qui ont besoin d’un accompagnement individualisé et spécifique, sont le plus souvent employées en contrat précaire (CAE et contrats d’avenir), contrat de travail dont l’avenir n’est à ce jour pas garanti puisque beaucoup de ces contrats s’achèvent à la fin de cette année scolaire, sans garantie d’être reconduits ou prolongés, alors que les besoins plaident pour une augmentation de leur nombre.

A cela s’ajoute, qu’hormis une formation d’adaptation dans l’emploi (qui est plus une information qu’une vraie formation), les AVS ne reçoivent aucune formation spécifique. Alors que ce métier, qui requière de vraies compétences et une attention de tous les instants, est professionnalisé dans de nombreux pays d’Europe, il reste en France très négligé, soumis aux aléas des régulations budgétaires. Ces aléas ont d’ailleurs fait plonger bon nombre d’AVS et d’EVS dans la précarité en leur imposant des temps partiels qui ont constitué autant de pertes de revenus mais aussi de préjudices pour les enfants handicapés eux-mêmes, moins bien encadrés. Le slogan « travailler plus pour gagner plus » paraît dans ces conditions une pure hypocrisie intellectuelle, d’autant que ces AVS ont pour la plupart perdu le bénéfice de l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) avec leur embauche et ne sont pas éligibles à la prime de retour à l’emploi. Là aussi, un bel exemple de désincitation à la reprise d’emploi…

Les revendications aujourd’hui sont simples : si l’on considère que la scolarisation des enfants handicapés est un droit, que l’accompagnement de ces enfants est un vrai métier, il faut alors pérenniser ces emplois et les professionnaliser grâce à des formation qualifiantes et à la VAE. On ne peut pas continuer à fonctionner avec des bouts de chandelle, avec des emplois financés sur des queues de crédits, avec le turn over de ces personnels trop souvent déconsidérés et déclassés, alors que leur utilité pédagogique est sociale est incontestable et qu’ils sont plébiscités par les parents et indispensables aux directeurs d’école et aux enseignants.

Pour ma part, j’attache du prix à la défense de ces propositions et j’appuie aujourd’hui les revendications exprimées par les syndicats de l’éducation. Si il y a un domaine où la solidarité nationale ne se discute pas, c’est pour ce qui concerne le handicap.