Diversité, parité et ouverture au gouvernement.

J’avais eu l’occasion de dire lors de la constitution du premier gouvernement Fillon, qu’un gouvernement qui s’ouvrait à des hommes de sensibilités différentes mais pas à leurs idées ne pouvait pas être tenu pour un gouvernement d’ouverture et j’en voulais pour preuve la position de Bernard Kouchner sur la Turquie ou de Martin Hirsch sur les franchises médicales. Le gouvernement confirmait lui même cette analyse en n’ayant de cesse durant la campagne législative de répéter que sa feuille de route c’était le programme de Nicolas Sarkozy, rien que le programme, tout le programme. Avec l’entrée de Jean Marie Bockel et de Fadela Amara, qui sont des gens de valeur, mon sentiment reste identique, même si j’espère me tromper.

Avec Rama Yade, Fadela Amara et Rachida Dati, la diversité est bien représentée au gouvernement de même que la parité et je crois honnête de saluer ce geste qu’on ne pourra plus effacer. Je regrette néanmoins, qu’aucune d’elle ne soit élue, même si Fadela Amara a été conseillère municipale. Je regrette aussi que ce geste fort n’ait pas été accompli en son temps par le PS…

A l’Assemblée en revanche, vous le savez, le compte n’y est pas et hormis George Pau Langevin, les couleurs de la France seront une fois encore les grandes absentes de l’hémicycle…

On jugera le gouvernement sur ces actes, même s’il faut admettre que, sur le papier, le casting est plutôt réussi.

Le Conseil national et la rénovation

J’étais samedi dernier au Conseil national du PS. Je ne reviendrais pas sur les propos peu amènes à l’endroit de Ségolène Royal qui ne grandissent pas ceux qui les ont prononcé. Je considère que face à un gouvernement qui, quoi qu’on en pense par ailleurs, semble capable de faire travailler ensemble des gens de sensibilités différentes, nous devrions être capable au parti socialiste de faire travailler ensemble ceux qui partagent les mêmes valeurs. Néanmoins, le pugilat tant redouté semble avoir été évité et c’est à une très large majorité que la proposition de calendrier du premier secrétaire a été adoptée. Le calendrier reporte donc à après les élections municipales la tenue d’un congrès, mais engage dès l’automne la rénovation du parti socialiste avec trois forums :

  • « Individualisation, vieillissement de la population, fragmentation de l'emploi »,
  • « Mondialisation, délocalisation et financiarisation » ;
  • « Défi du vivre ensemble ».


Le caractère « relatif » de la défaite électorale du parti socialiste aux élections législatives ne doit en aucun cas nous exonérer de tenir l’engagement de la réforme et de la rénovation. Je crois que l’une des explications du sursaut des électeurs de gauche au second tour tient dans l’engagement que nous avons pris de tirer sans tabou les conclusions de nos échecs successifs et dans celui de construire le parti socialiste du XXIe siècle. Nous devons tenir cet engagement de campagne qui est la condition des victoires futures. Beaucoup d’entre vous m’ont écrit depuis les élections présidentielles pour me dire qu’ils avaient adhéré au PS pour participer à cette rénovation, je les félicite de ce choix.

Je vous inviterai bien sûr sur ce blog à contribuer à la réflexion sur tous ces thèmes. Je suis certaine que nos échanges seront riches

Jean Marc Ayrault et le « contre gouvernement »

Jean Marc Ayrault a été réélu comme président du groupe socialiste à l’Assemblée, un poste dans lequel il avait montré de grandes qualités durant les précédentes législatures. Il a constitué aujourd’hui un « contre gouvernement » destiné à répondre point par point aux arguments du gouvernement. C’est la structure de base sur laquelle se construira à l’Assemblée nationale une opposition constructive et efficace, capable d’incarner une alternative crédible. L’esprit de ce groupe a été fort bien résumé par andré Valini, nommé porte parole : « Nous souhaitons vraiment avoir une attitude combative, constructive et prospective. Nous voulons être combatifs pour combattre les projets de loi et les réformes qui nous paraitront dangereuses, néfastes et constructifs parce qu'il y aura des réformes sans doute, je l'espère, qui iront dans le bons sens»

Aurélie Filippetti et André Vallini : portes-parole du groupe.

Arnaud Montebourg : premier vice-président et responsable de la commission prospective,

Philippe Martin : second vice-président et responsable du développement durable et de l'agriculture.

Patrick Bloche : culture et communication

François Brottes : Affaires économiques

Patricia Adam : responsable de la commission de la Défense

Jerôme Cahuzac : responsable de la commision des Finances

Manuel Valls : responsable de la commission des Lois

George Pau-Langevin : à l'immigration et co-développement

Sandrine Mazetier : à l'éducation;

Jean-Yves Le Bouillonnec : au logement et à la ville;

Victor Lurel : pour l'outre-mer

Bernard Roman : institutions

Marisol Touraine : à la protection sociale

Gaetan Gorce : pour le travail

Alain Vidalies : aux entreprises

Michèle Delaunay : à la politique de l'âge et au vieillissement

Pascal Terrasse : à la santé

Martine Lignières-Cassou : aux transports

Alain Claeys : à l'enseignement supérieur

Jean-Yves Le Deault : à la recherche

Gérard Charasse : "sans portefeuille", pour la coordination avec les PRG

Geneviève Gaillard, : à l'environnement et économie sociale.