Service minimum : là n’est pas la question !

Le vote de la loi sur le service minimum dépasse largement son objet et c’est bien là tout le problème. Je ne suis pas opposée sur le principe à l’organisation d’un service minimum les jours de grève dès lors que celui-ci est le fruit d’un dialogue social de qualité. Je crois au fond que c’est là , la plus sûre garantie de ne pas porter une atteinte disproportionnée au droit de grève. La mise en place du dispositif « d’alarme sociale » à la SNCF montre toute l’importance du dialogue social dans la prévention des conflits avec une réduction très importante du nombre des préavis de grève déposés ces dernières années au bénéfice des usagers qui ont connu moins de jours de grève. Je suis très attachée au rôle et à la place des partenaires sociaux et je suis convaincue que l’un des enjeux forts pour notre pays réside dans la rénovation et la promotion du dialogue social. C’est sur l’amélioration du dialogue social qu’il aurait fallu légiférer, le gouvernement en a pris l’exact contre pied.

GrèvesEn filigrane, en effet, la loi sur le service minimum révèle l’idée que le nouveau gouvernement se fait du dialogue social. Il y a dans cette loi, une entreprise de délégitimation du dialogue social et du rôle des partenaires sociaux. La grève, elle-même, est réduite à une atteinte au service public alors même que la défense d’un service public de qualité, l’engagement en faveur du maintien des dessertes ou du développement des infrastructures de transports animent souvent ces mouvements.

Cette loi est un rideau de fumée, elle passe sous silence que seulement 3% des incidents ayant entraîné une perturbation du trafic sont liés à un mouvement social ou à une grève, ce qui signifie que 97% des incidents sont imputables des incidents techniques, des problèmes de vétusté du matériel et l’absence de personnels.

Ni la question de l’avenir des services publics, ni celle de la relance du dialogue social n’auront été abordées par le gouvernement…

Pas de contrepartie ?

J’avais dans ma dernière chronique écrit que j’attendais beaucoup de l’audition du ministre des affaires étrangères par l’Assemblée pour obtenir quelques éclaircissements sur les conditions de la libération des infirmières bulgares, ainsi que sur le rôle du secrétaire général de l’Elysée et de la « first lady ». Il faut bien avouer qu’il y a de quoi être déçu voire être inquiète des éclaircissements apportés ! Nous n’avons eu droit de la part de Bernard Kouchner qu’à des explications confuses et contredites par le fils du président libyen qui montre à quel point le quai d’Orsay a été marginalisé dans ce dossier. Depuis lors, tout le monde jure qu’il n’y a pas eu de contrepartie… Il va falloir désormais attendre la création d’une commission d’enquête parlementaire, que le gouvernement semble disposer à mettre en place, pour y voir un peu plus clair. On peut en tous les cas l’espérer, car ce dossier pose de lourdes questions.

Achraf Alhadjoudj et les infirmières bulgares

Ce sujet me permet également de me réjouir de la décision prise par le médecin palestinien de porter plainte contre le régime de Tripoli pour « prise d’otage ». Voilà qui pourrait nous éclairer sur la nature véritable du régime dirigé par le « nouvel ami libyen ».

Vacances j’oublies tout…

« Il a bien le droit d’être invité par qui il veut, si ça ne coûte pas un euro au contribuable français… » Je viens à nouveau d’avoir cette discussion à propos des vacances de notre président, une phrase que j’avais déjà entendue lorsque fraîchement élu, il avait décidé d’aller passer ses vacances sur le bateau ( très gros !) d’un important homme d’affaire. J’avais juste fait remarquer à l’époque que le bateau battait pavillon de complaisance et échappait donc au fisc français, ce qui pouvait d’une certaine manière coûter quelque chose aux finances publiques… Aujourd’hui, notre président est à nouveau invité en vacances par des amis, semble-t-il encore très riches. Dans Le Parisien, Pierre Moscovici souligne que le chef de l'Etat, même s'il ne s'agit pas de jeter une « quelconque suspicion sur son honnêteté », n'est « pas une personne comme une autre » et « ne doit pas sembler le débiteur d'intérêts privés. ». Rien à ajouter de plus, vive la transparence !

Enfin, pour répondre à ceux d'entre vous qui m'ont interrogée, je serai bien à Melle le 25 août, j'espère vous y renconter nombreux.