Rétention de sûreté (suite)

La loi sur la rétention de sûreté donc a été définitivement adoptée par le Parlement et substantiellement durcie par les députés UMP qui font de l’enfermement la clef de voûte de la politique de prévention de la récidive. Ils ont ainsi décidé de créer des « centres socio-médicaux-judiciaires » où seront maintenus enfermés et soignés les criminels ayant purgé leur peine et jugés dangereux. Pas seulement les auteurs de crimes sexuels sur mineur de moins de 15 ans comme prévu initialement, mais tous les crimes (assassinat, acte de torture, enlèvement…) sur mineur et sur majeur avec circonstance aggravante. Robert Badinter A cela s’ajoute que le texte proposé est rétroactif, ce qui ouvre une brèche dans les principes fondamentaux de notre droit pénal comme l'a rappelé avec force Robert Badinter au sénat. Il est vraisemblable que la loi est à cet égard inconstitutionnelle, c’est en tous les cas ce que devra dire le juge constitutionnel que les parlementaires socialistes vont saisir.

La majorité instaure le principe de présomption de culpabilité, tord les principes de l’Etat de droit et aime toujours mieux, comme disait Goethe, « une petite injustice à un grand désordre »… Mais je m'interroge, beaucoup d’injustices ne font elles pas un grand désordre ?

La Cour des comptes s’inquiète de l’équilibre financier de l’audiovisuel public, tu m’étonnes !

Cour des comptesPour faire suite à ce que j’écrivais il y a quelques jours, je voulais me faire l’écho de l’inquiétude de la Cour des comptes relative à l’équilibre financier de l’audiovisuel public du fait de la suppression de la publicité.

La Cour écrit notamment : qu’« entre la redevance, le remplacement des ressources publicitaires par de nouvelles taxations et les ressources budgétaires, l’équilibre sera difficile à trouver, a fortiori de manière pérenne ». Et la cour d’ajouter que « le financement par la redevance devrait demeurer un élément majeur de l’ensemble » et celle-ci de suggérer sa réévaluation à la hausse.

Plus que le bien fondé de la suppression de la publicité, c’est la capacité de l’Etat à combler le manque à gagner qui continue de préoccuper. Les alternatives sont simples : augmentation de la redevance, contribution supplémentaire de l’Etat (mais les caisses sont vides nous dit-on) ou baisse des crédits de l’audiovisuel public avec ce que cela peut signifier pour la création audiovisuelle française. D’autant que pour l’heure, aucune contrepartie au transfert de ressources publicitaires, aucune obligation nouvelle en matière de production et de diffusion de programmes de qualité n’est requise de la part des chaînes privées.

Handicap et pauvreté, l'horizon ne se dégage pas

Vous ne le savez peut être pas, mais le montant de l’Allocation adulte handicapé (AAH) est fonction de la revalorisation du minimum vieillesse dont le gouvernement vient opportunément (il était temps !), à quelques semaines des municipales, d’annoncer la hausse. Selon toute logique, l’AAH devrait donc être revalorisée dans les mêmes proportions (+25% en 5 ans). Or, le gouvernement, en choisissant de donner une prime de 200 €, a de fait décidé de dissocier les deux au grand désarroi des associations qui soulignent à raison qu’avec 628 euros, les bénéficiaires de l’AAH vivent en dessous du seuil de pauvreté (800€).

Ni pauve, ni soumis La vérité c’est qu’ayant vidé les caisses de l’Etat au profit des plus hauts revenus en distribuant l’été dernier 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux, le gouvernement ne peut pas assumer ses promesses de campagne. Pour l’heure, il semble donc que la revalorisation de l’AAH ne soit pas à l’ordre du jour, ça n’est pas admissible. Je ferai pour ma part du handicap l'un des sujets centraux de mon action si je suis élue au Conseil général du Rhône.

Les personnes handicapées ne veulent être ni pauvres, ni soumises, il faut entendre leur appel : www.nipauvrenisoumis.org