« Poor Martin alone in Sarkoland »

Vous le savez, j’ai soutenu dès la sortie du rapport de Martin Hirch le projet de revenu de solidarité active (RSA), qui permet à celui qui retrouve un emploi de voir ses revenus augmenter substantiellement par rapport à sa période de chômage, c’est donc avec d’autant plus de déception que j’assiste à la remise en question de cette mesure par un gouvernement capable de dépenser sans compter pour les hauts revenus et refuse de s’engager franchement en faveur de la lutte contre la pauvreté. 15 milliards ont été dilapidés avec le paquet fiscal dont toutes les études s’accordent aujourd’hui pour dire qu’il est un échec pour l’économie (les heures supplémentaires coûteraient plus à l’Etat (4,1 milliards d’euros) qu’elles ne rapporteraient aux salariés (3,78 milliards d’euros), sans plus d’heures travaillées,) et même une catastrophe pour nos finances publiques, alors que la généralisation du RSA coûterait 3 milliards pour un bénéfice social infiniment plus grand. Au fond, ce qui est en jeu, c’est le principe de la redistribution.

Suprême NKM !

Nathalie Kosciusko-Morizet

Nathalie Kosciusko-Morizet, malgré le courage et la lucidité dont elle aura fait preuve, n’aura pas pour autant réussi à sauver le Grenelle de l’environnement, l’adoption du projet de loi sur les OGM laissant planer un doute sérieux quant à la volonté réelle du gouvernement de mettre en œuvre les mesures discutées il y a quelques mois. Avec cette loi, les AOC, l’agriculture bio et plus largement notre intégrité alimentaire sont mises en cause par l’irruption pure et simple du principe de « l’équivalence substantielle » dans notre politique agricole. Notre liberté de ne pas consommer des OGM est atteinte. Soutenons la recherche sur les OGM, mais par précaution refusons leur banalisation, la dégradation des écosystèmes et la coexistence des cultures! trop de doutes subsistent pour les balayer d’un revers de main.

Famille nombreuse, famille heureuse !

J’aurais bien dit un mot sur la suppression de la carte famille nombreuse, c'est-à-dire sur la suspension du financement par l’Etat des tarifs sociaux à la SNCF qui concernent, non seulement les familles nombreuses, mais aussi les étudiants, les chômeurs et les Rmistes, mais face à l’hostilité générale le président de la République vient de reculer. Tant mieux ! Je trouve en revanche assez exécrable cette politique du ballon d’essai qui consiste à tester la réaction de l’opinion en envoyant au front un Secrétaire d’Etat ou un ministre et de prétendre ensuite au sommet de l’Etat n’avoir jamais été l’inspirateur de cette idée…

Tout arrive !

J’étais l’invitée, mercredi, de l’émission d’Arnaud Laporte sur France Culture qui s’est installé le temps d’une journée à l’ENS Lettres et Sciences Humaines. Nous y avons parlé de la nouvelle politique du livre et de la lecture en Rhône-Alpes avec Guy Walter, le directeur des Subsistances et de la Villa Gillet ainsi que Philippe Fusaro, écrivain et libraire installé à Lyon depuis quelques années. Je ne suis sans doute pas la mieux placée pour vous dire à quel point nos propos furent instructifs et intéressants, mais j’ai franchement apprécié le ton de ce débat sur un sujet que je connais bien, et qui est selon moi au cœur de la crise que traversent actuellement les politiques culturelles en France. Dans ce contexte, la région Rhône-Alpes fait figure d’exception, je le savais déjà, mais ça fait du bien de l’entendre sur les ondes nationales du service public, sur France Culture s’il vous plaît. Vous pouvez réécouter l’émission pendant quelques jours sur leur site (www.franceculture.com), vous pouvez aussi consulter le très riche agenda des événements culturels organisés par l’ENS, c’est ouvert à tous, ce qu’on ne sait pas assez (www.ens-lsh.fr).

Avant de quitter très prochainement mes fonctions à la Région, j’ai défendu vendredi matin une ultime délibération en faveur des radios associatives, nombreuses en Rhône Alpes et vraies garantes de pluralisme, de liberté d’expression, de diversité culturelle, et de lien social. L’aide de la Région permettra désormais aux radios de renouveler leurs outils tels que les moyens d’émission et de liaison, les moyens de traitement du son, les équipements informatiques et numériques et les équipements de studios. Encore une politique dont nous pouvons être fier!